Dans les jardins du Palais-Royal

24 septembre 2011 - 2 réponses

Je vous donne rendez-vous, au cours des prochains mois et jusque l’été 2012, à l’adresse suivante : Les jardins du Palais.

J’espère trouver là-bas l’inspiration qui me fait défaut, ici.

Venez me lire et m’encourager !

Nicolas B.

Fait d’hiver

24 décembre 2011 - 3 réponses

Je ne la revois pas vraiment. La blondeur en vagues de ses cheveux, peut-être. Mais je retrouve, avec une étonnante précision, le jerrican de plastique vert, le lino qui recouvrait le sol de la chambre, le poêle à mazout, noir, rectangulaire et massif sur ses pattes de métal. Maman remonte de la cave. Elle vient remplir le réservoir du poêle, avant d’en allumer le foyer. C’est une sorte de cérémonial, un rendez-vous excitant que j’aime suivre, à genoux, devant le hublot qu’il est formellement interdit de toucher ! Autant que l’odeur du fioul, prégnante et âcre, je me souviens du liquide rouge et luisant qui mousse et glougloute contre le filtre protégeant l’entrée du réservoir. Arrive le moment tant attendu : maman qui jette, au fond de la cuve, la languette enflammée à combustion lente…

Dans l’arène de fonte, une marée miniature doucement se répand, jusqu’à rencontrer le point jaune qui vacille en son centre. Le chemin pris par la saignée, lente et noire, n’est jamais le même. Je m’amuse à deviner ses points de passage, à comprendre sa stratégie de déploiement. A imaginer des personnages, fuyant ou déjà pris au piège, dans la glu de pétrole. Encore quelques centimètres. Et une flambée bleue irradie, soudain, de sa douce chaleur, mon visage de petit curieux…

Extrait de Fictions & Confidences – Numeriklivres.com

RDV chez Erotokritos

2 décembre 2011 - 31 réponses

Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. C’est le principe des Vases communicants.

J’ai le plaisir de recevoir, ce mois-ci, Dominique Hasselmann, qui m’accueille sur son blog Le Tourne-à-gauche.

Consultez la liste de tous les auteurs qui participent aux échanges du mois de décembre. Bonne lecture !
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Forcément, elle serait là, au rendez-vous, et elle ne pouvait avoir oublié le nom du lieu où je l’attendrais : Erotokritos, c’était comme un programme annoncé subliminalement mais elle n’avait pas été choquée puisqu’elle était Grecque et devait débarquer vers midi à Roissy, elle prendrait le RER et puis trouverait sans peine le boulevard Beaumarchais, déjà j’imaginais ses cheveux noirs de jais, ce mot me faisait rêver à un oiseau – pas celui, nocturne, de Minerve – et ses yeux de braise mal éteinte, notre étreinte serait-elle possible alors que nous ne nous connaissions pas du tout, soudain ce fut elle, comme atterrissant à l’improviste dans la cour pavée, l’enseigne annonçait précisément que tout était « Open », sa bouche était rouge comme une fleur blessée, j’avais prévu de lui offrir quelque chose dans la boutique car il commençait à faire froid, sans doute plus qu’à Thessalonique, même si les manifestants couraient peut-être là-bas pour se réchauffer, elle me dit bonjour, nos lèvres s’effleurèrent mais il ne fallait rien brusquer, « le voyage m’a transportée ! » me dit-elle dans un français à l’accent doux comme un verre d’ouzo, « venez, nous allons entrer dans cette boutique » lui proposai-je alors, le soir commençait à s’inviter et les lumières à s’allumer, il faisait chaud à l’intérieur, un vendeur en strict costume noir et cravate grise nous accueillit, il portait un petit badge avec son prénom comme dactylographié sur une antique Underwood : « Nicolas », il semblait très sympathique et esquissa un sourire entendu quand je lui demandai si nous pouvions choisir quelques vêtements et utiliser ensuite un box d’essayage, une ou deux robes et quelques chemisiers firent l’affaire, sans oublier une écharpe bleue et blanche, et nous allâmes nous enfermer tous les deux dans ce local où les murs et la porte étaient recouverts de miroirs, j’embrassais alors à pleine bouche mon invitée, elle me rendait la pareille (celui destiné aux photos se trouvait dans la poche de mon blouson), je sentais maintenant la rondeur de ses seins – il existe deux globes terrestres et non pas un seul comme le croyait innocemment Galilée – et ma main partait à l’aventure le long de ses cuisses rendues si douces par la soie de ses bas, nous étions comme dans la cabine d’un navire qui tanguait, pourtant les vertiges c’était fini, l’instant semblait magique, l’odeur des vêtements neufs asticotait mes narines, cet après-midi j’aimais la marine, la mer Egée, le vent sous les îles, les petites maisons blanches, le ciel imperturbable, je me perdais dans la bouche de l’étrangère et j’aurais voulu que le temps soit celui, fixé à jamais, d’une photo imprimée et mise sous cadre, celle qui demeure alors que nous sommes déjà partis, peut-être pour toujours.

Texte et photo : Dominique Hasselmann

Racle et frotte

4 novembre 2011 - 6 réponses

Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. C’est le principe des Vases communicants.

J’ai le plaisir de recevoir, ce mois-ci, Christophe Sanchez.

Auteur prolifique et doué d’un vrai sens de l’observation, Christophe nous intrigue autour du thème retenu : le secret…

Consultez la liste de tous les auteurs qui participent aux échanges de novembre. Bonne lecture !

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Il remonte et redescend la petite rue des Sans-souci, l’air patibulaire, le regard baissé sur le trottoir, la nuque cintrée sur le bout de ses chaussures. Il racle le bitume et semble apprécier le frottement de sa semelle sur le sol granuleux, un bruit de lime qui fait frissonner ses oreilles. On le sent prendre plaisir, il dodeline de la tête, ses yeux s’écartent et il continue, balance l’autre pied, racle et frotte, racle et frotte.

Il rôde ainsi depuis une demi-heure, va et vient en marche exaltée. Au bout de la rue, il tourne comme un automate, stoppe, joint ses pieds comme si on lui ordonnait un garde-à-vous, puis peu à peu, racle et frotte en décalant son corps par petits points vers la gauche. Parfois, il fait le tour du réverbère à l’angle de la rue des Sans-souci et de l’avenue des Martyrs. Il marque alors un temps d’arrêt en sautillant d’un pied sur l’autre puis racle et frotte tout en levant la tête pour vérifier si en haut, perché sur la lanterne, quelqu’un se serait caché pour épier sa déambulation ininterrompue. Ensuite, déçu de n’y voir personne, il retombe sur ses grolles, racle et frotte, redescend la rue sur l’autre trottoir, nuque en équerre et regard plombé.

Dans la rue des Sans-souci, il y a les habitués, commerçants, habitants des lieux et il y a moi, installé à une terrasse du café. Tous semblent habitués, pas un pour s’inquiéter du marcheur qui racle et qui frotte. Sans souci, sauf moi. Ce flâneur fou m’interpelle, cette allure, ces frottements, cette démarche mécanique, cette tête rentrée dans les épaules, tout est bizarre, inquiétant. L’homme ne paraît pas fou, il est vêtu comme le commun des passants : un pantalon gris, une chemise blanche, le teint hâlé, des cheveux noirs grisonnants, une allure simple mais élégante. Rien qui me ferait infléchir pour un allumé, un simple d’esprit hanté par un quelconque mal d’être. Non, il y a chez cet homme qui racle et qui frotte un décalage entre son obsession à arpenter la rue et son apparence générale, son intégration dans le monde autour, dans la vie même de la rue.

N’y tenant plus, alors que le marcheur vient de racler et frotter une nouvelle fois devant la terrasse, je décide d’en savoir davantage et questionne le serveur. Ce dernier amusé par ma demande, se tourne vers un client assis à la table voisine et lui décoche un clin d’œil signifiant puis continue son service sans me répondre, un sourire malin au bord des lèvres. Embarrassé, avec l’impression d’avoir mis les pieds sur un terrain miné du secret, je règle ma note, me lève et quitte la café. Tandis que j’arrive en haut de la rue des Sans-souci et m’apprête à prendre l’avenue des Martyrs, mon homme qui racle et qui frotte m’arrête devant le réverbère, jette un regard appuyé vers le luminaire et d’un hochement de tête me dit : « Tu montes ou tu racles et tu frottes ? »

CS
Illustration : Sophie Trenta

Sous le signe de Kih-Oskh

26 octobre 2011 - 6 réponses

Des couvertures cartonnées, comme autant de portes ouvrant sur ailleurs. Le parfum, âcre, des pages rendues à la lumière, usées d’avoir été tant lues, jaunies par le temps, tachées de rouille, parfois. Ces histoires dont je sais, par avance et par cœur, toutes les vignettes.

À chaque lecture nouvelle, je reconnais, pourtant, les mêmes qualités, je retrouve le même plaisir : la finesse du dessin, la vivacité des couleurs, le désuet charmant des dialogues, l’impeccable construction des aventures. Le réconfort d’un monde imaginaire, tant de fois parcouru et qui revient, intact.

Combien d’heures passées sous le signe de Kih-Oskh, dans les rues sombres de Shanghai, à bord de l’Aurore et de la Licorne ou dans cette penderie, l’oreille collée au manteau du colonel Sponsz ? Combien de mercredis à visiter le château de Ben More, à circuler dans les galeries bétonnées du docteur Müller et dans l’usine secrète de l’ingénieur Baxter ? Trop, sans doute, si j’en crois la désolation de ma mère qui, plus d’une fois, fit irruption dans ma chambre, exaspérée de voir son fils encore préférer la compagnie de Tchang et de Zorrino à celle d’un ballon de football ou d’une raquette de tennis !

Mon doigt se promène sur les tranches multicolores qui ont retrouvé, enfin, sur une étagère, dans l’entrée, un peu de droiture et de considération. J’hésite entre mes favorites. Je m’arrête sur la plus abîmée de toutes : Coke en stock. Oui, je suis Tintinophile, Haddockaccro, Miloufan. Ce soir je reprends le Vol 714 pour Sydney, je passe encore la frontière bordure, j’ai rendez-vous au San Théodoros. Ce soir, à nouveau, j’ai de l’évasion sur la planche et du bonheur broché au pied du lit.

Extrait de Fictions & Confidences, publié aux Éditions NumerikLivres.com

Chambre avec valse

10 octobre 2011 - 3 réponses

J’ai entendu la porte se refermer. L’aurai, finalement, laissé partir sans un bisou. Le remords me chagrine, un peu. Juste le temps de me pelotonner davantage dans le moelleux des draps…

Les chansons défilent. Une pression du doigt suffit. Le gris du matin filtre, à peine, à travers les volets métalliques. Et cette valse, pour m’endormir. Les aigus de Birkin, si fragiles, si délicats, déchirent des langueurs orientales. Images mélancoliques. Pas l’esprit au repos. Des bouts de rêve qui me tourmentent encore, de vieilles terreurs et quelques humiliations que ma mémoire se plait à raviver, certaines nuits. J’ai froid. Sous la couette j’ai beau croiser les pieds, serrer contre ma gorge le repli boudiné, la sensation désagréable d’être à l’air libre m’empêche de profiter de ce moment de paresse, pourtant autorisé. J’ai la vertèbre douloureuse, l’humeur maussade. Comme j’aimerais être ailleurs que dans ce milieu de semaine, frissonnant entre deux écouteurs, coincé entre deux ans, deux paliers, deux âges.

“Le soleil est rare et le bonheur aussi.” Je me souviens de la Bastide, de ces petits déjeuners gourmands que l’on prenait, en bordure d’eau, sous le ciel de Provence, dans cet écrin parfait de lumière et de verdure. Le plafond de la chambre se craquelle, déjà. “Tout bouge au bras de Melody”

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Texte révisé pour le projet de Mathieu.

On peut monter ?

7 octobre 2011 - 3 réponses

Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. C’est le principe des Vases communicants.

J’ai le plaisir de recevoir, ce mois-ci, Juliette Mézenc.

Précision de Juliette : mon texte a été écrit suite à la lecture de cet article, publié sur le site Tiers livre.

Consultez la liste de tous les auteurs qui participent aux échanges d’octobre. Bonne lecture !

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On peut monter ?

Non, c’est fermé, regarde : y a une plaque de métal qui bloque l’accès

J’aimerais monter

J’aimerais être gardien de phare, travailler avec l’immensité tendue tout autour, le nu de la situation, imagine le nu de la situation, un truc de dingue, cette beauté en permanence menaçante, même sous le soleil, surtout sous le soleil, cette nature ahurissante qui ne demande pas à reprendre ses droits, elle t’a dans le collimateur

Et toi tu fais le ménage, une question de salut, y a pas à barguigner cent sept ans, faut qu’ils voient

Tu astiques les cuivres (de la lampe)

Tu nettoies la lentille (de l’optique)

Tu fais les vitres (de la lanterne), tu répartis le produit de ton mieux sur la surface en prenant soin de ne pas en mettre trop, sinon il faudra changer avant son heure le chiffon mouillé, suffisamment quand même pour éviter une autre tournée de pschitt, tu utilises le produit distributeur Auchan siglé « Mieux vivre environnement » et tu te demandes un instant qui a délivré l’écolabel, mais très vite tu t’absorbes dans ta tâche, ton chiffon est suffisamment doux et absorbant, il est comme qui dirait de ton côté, il s’agit de ne pas se laisser distraire par la résistance du sang et de l’air qui sont faits de la même matière, épaisse, ne pas écouter le corps qui te tire vers le bas, la pensée que tout ça est inutile, qu’il faudra tout recommencer le lendemain, il s’agit d’oublier que le désir manque

et frotter, s’absorber dans le va et vient du chiffon sur la vitre en faisant ce pari, que la vie viendra (par frottements), ne pas baisser les bras parce que tu sais que ça peut marcher, il suffit d’être ferme, régulier, inflexible

Mettre l’ensemble en état de marche, une question de salut

Peu à peu le corps chauffe avec les muscles qui roulent à l’intérieur, les têtes d’articulation sont elles aussi de belles pièces de mécanique qui s’activent et glissent dans des cavités d’un blanc

très luisant, les organes s’étalent dans leurs compartiments au fur et à mesure que la vitre gagne en légèreté, presque elle disparaît, ton regard se lève

Les muscles roulent et le regard se clarifie, le cerveau suit, le cerveau a toujours un train de retard

En tout cas tu n’éprouves plus ce besoin de te bouffer les doigts, arracher la peau avec un peu de chair attachée, mais où commence la chair

JM
Photo : Ernest Puerta (sculpture en chantier de Stéphane Gantelet)

Épitaphe

3 septembre 2011 - 2 réponses

Diluer, pour une fois, l’humeur de mes idées.
Raviver, au grand air, mes lignes et mes mots.
M’allonger au bleu du ciel.
Ne rien vouloir, ne rien penser.

Écouter, simplement, ce que taisent les nuages…

Facteurs nocturnes

11 août 2011 - 2 réponses

Cette semaine, point de contrainte sinon d’être en lien avec le thème suivant : « Facteurs nocturnes ». Vous remarquerez que l’expression est au pluriel. Ainsi, nous devrons retrouver dans le texte ces facteurs au pluriel. Les Impromptus littéraires. 16 avril 2007.

- Alors, comme ça, ce serait vous le Gang des postiers…

Le commissaire Ballestra étala sur son bureau les fiches signalétiques des deux individus assis devant lui, leur jetant, tour à tour, un regard méprisant et vaguement dégouté. Il détailla, d’un air goguenard, les états civils des particuliers :

- Maurice Flambart dit L’impeccable, Émilien Koevelaert dit L’enjôleuse, alias Émilien les beaux mots. Hé bien, mes chéris, va falloir gentiment me raconter vos tournées crapuleuses…

- Sauf votre respect, m’sieur le commissaire, il doit y avoir gourance commença, piteusement, le premier. Moi, j’en connais bien un ou deux des postiers mais rien que des garçons honnêtes !

- Monsieur le commissaire, lança le second, je proteste énergiquement ! Je n’ai, certes, pas toujours été d’une moralité irréprochable mais être associé, comme vous semblez le prétendre, à un vulgaire mouvement de rapine en casquette, alors là je dis non ! Encore, vous nous auriez présentés comme, je ne sais pas moi, les Facteurs nocturnes par exemple, j’aurais pu, oui, me laisser tenter…

Traversée

5 août 2011 - 14 réponses

Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. C’est le principe des Vases communicants.

J’ai le plaisir de recevoir, ce mois-ci, Brigitte Célérier.

Consultez la liste de tous les auteurs qui participent aux échanges d’août. Bonne lecture !

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Gouttes de pluie sur la vitre, mettre la main dessus, sentir le froid, croire toucher l’humidité, tenter de suivre une des perles glissantes, se pencher, opacifier par le souffle, savoir que le verre est là, entre…

Dos au mur se tendre vers la brûlure du soleil, se vouloir anéantie, inexistante, sentir flèche incandescente pénétrer dans chair, se savoir corps solide refusant, blessure délicieuse, d’être traversée par le puissant dieu…

Yeux perdus sur le frissonnement de la mer qui entre dans la nuit, se perdre dans son immensité, rêver d’une autre garrigue au delà, pieds dans les cailloux voir la rive de mes ancêtres, au delà…

Voir petite foule, rester au bord, tremblante, se faire bloc concentré, muet et inconscient, pénétrer…

Tenter d’amadouer la fulgurance de la douleur, de décrisper le corps transpercé, de la laisser me traverser…

Avoir oublié, regarder mes mains, mesurer le chemin accompli dans la durée qui m’est accordée.

BC

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