Hop !

Zoé stationne au pied du lit, les oreilles hésitantes. Je la vois qui tend le cou, appréciant la distance, calculant force et trajectoire avant de s’élancer. Hop ! En un tour de queue elle disparaît par l’ouverture repérée, sous les rayures encore tièdes. À grands coups de tête la chatte se creuse une galerie dans l’épaisseur de la couette, rabattue à l’extrémité du matelas. Encore quelques grondements et la voilà installée, pour la matinée, dans un nid parfait de douceur et de tranquillité.

Dehors la pluie commence à tomber. Un lundi morne. Je traîne devant l’écran, seul et sans goût. Mes yeux pointent en direction du lit.

Comme j’aimerais me faufiler, moi aussi, dans l’obscurité confortable ! Rejoindre à coups de museau la fourrure de ma belle paresseuse, me blottir entre ses pattes. Me vouloir chat, me savoir bien, dans l’insouciance de ses ronrons zébrés…

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Par amusement

Je n’ai aucune imagination.
Mais des échappatoires connues de moi seul, couleur d’ajoncs et de bruyères, mais des errances plantées de baroque, balancées de Chine, parfumées d’Orient…

J’écris par amusement.
Des mots biscuits, des images à tremper.
J’écris pour l’heure du « thé ou café ? »
Léger, court, pas trop sucré.
De petits objets pour l’agrément des jardins intérieurs et des moments secrets.

Rumeurs

La chaleur dans la complexité des branches.
Le vide et le bleu, en surplomb.
Par la baie entrouverte, traces d’ail, d’olive et de citron.

Dans la chambre d’hôtel.
Grand voile et draps blancs, la paresse en la mineur.

Je suis un chemin creux à l’heure où les illusions viennent boire.
Traversé de rumeurs.

Les arabesques

Sur la table en fer forgé, une idée qui vacille.
Sa lente conversation avec mes doutes.

Je respire le cuir et l’encaustique d’une vieille eau d’Ecosse.

Dans mon jardin d’hiver.
Les oxydes, la patine, Marin Marais.

Le jour s’ennuie, le ciel croasse.
Je n’attends rien sous la verrière, derrière les arabesques.

Dans mes yeux passent des heures et des années.

Ces parfums minuscules

Mettre de l’écorce autour des mots.

Dire la couleur granuleuse de la lumière, long dégradé de jaune et d’appréhension, d’incertitude. Ouvrir au lecteur un monde qu’il ne voit pas. Que j’ai entraperçu. Un matin aux abords de l’automne ou peut-être un soir au creux de l’été, ici, à la croisée des illusions.

Ajouter les vibrations dans l’air, des craquements furtifs, ces parfums minuscules qui éclairent la senteur lente et noire de la terre. Croire à la sensation merveilleuse qui s’élève d’entre les lignes…