Celles qui

Celle qui m’accueillait au bord du lit, chambre en ville, trottoirs sous la nuit, avec du thé et le porte-monnaie de Michel Jonasz, son pinceau de poil de martre et ses pièces de un franc usées. Celle qui, pour m’endormir, fredonnait Trois jeunes tambours. Celle qui n’avait pas d’âge, ses robes imprimées, enveloppantes, qui nous racontait sa guerre avec humour, avec nostalgie, pendant les parties de manille le dimanche après-midi. Celle qui sentait bon le rouge à lèvres, le coiffeur, les bijoux, le parfum un peu trop chargé en vanille et en sucre roux, un mouchoir plié dans le creux de sa main. Celle qui ouvrit, en riant, sa chemise dans la salle de bains, sans savoir. Celle qui est ma sœur. Celle qui est — ou qui fut — la sœur de ma mère. Celle qui écoutait, cousine et cendrillon, de l’autre côté du mur « à l’encre de tes yeux… ». Celle qui était l’amie de mon ami, qui est restée l’amie. Celle qui, joyeuse, m’appelle encore parrain. Celle qui a lu, d’amour patient, qui relira toujours les aventures de Mowgli, Baloo et Bagheera, entre deux cataplasmes à la moutarde.

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