Article Taggé tranquillité
Certains soirs
Je vais, certains soirs, m’allonger au fond du jardin.
Au scintillement vertigineux de la voûte, je préfère un dais dense et doux, un ciel qui sombre et qui veloute. Un ciel d’avant la nuit.
Il y a, au dessus de moi, du noir en branches et des nuages de feuilles qui se découpent sur l’indigo. Lent kaléidoscope de formes où se promène, légère, ma mélancolie ordinaire. Je suis là, couché, dans le parfum des écorces. Il fait juste bon. L’herbe est tendre dans mon cou et j’ai l’humeur en pente douce. A la charnière entre deux mondes, minuscule et follement précieux, je savoure le plaisir d’être vivant…
C’est un jardin imaginaire, un moment de paresse inventé. Une illusion qui bruisse, certains soirs, au fond de ma tête.
13 comments 24 mai 2009
Me vouloir chat
Zoé stationne au pied du lit, les oreilles hésitantes. Je la vois qui inspecte et qui tend le cou, mesurant la faisabilité, calculant force et trajectoire. D’une souple détente, elle pénètre d’un coup dans l’ouverture repérée, fait crisser le tissu puis disparaît, en un clin d’œil, sous les rayures encore tièdes. A grands coups de tête, la chatte se creuse une galerie confortable à travers l’épaisseur de la couette, pliée en deux, à l’extrémité du matelas. Encore quelques grondements de satisfaction et la voilà installée pour la matinée, dans un nid parfait de douceur et de tranquillité.
Dehors, la pluie commence à tomber. Un jeudi morne. Je traîne devant l’écran en peignoir mal fermé, seul et sans goût.
Mes yeux pointent en direction du lit. Comme j’aimerais, pour quelques heures, me faufiler, moi aussi, dans l’obscurité de la couette. Rejoindre, à petits coups de museau, la fourrure parfumée de ma belle paresseuse, me pelotonner, profond, entre ses pattes. Me vouloir chat, me savoir bien, dans l’insouciance de ses ronrons zébrés…
12 comments 14 mai 2009