Article Taggé peau

Colifichets

NBentete92Entre mes doigts, le souvenir clinquant de sa jeunesse. Manquent les rayons de lumière à travers la chaleur confinée, la suffocation de l’esprit sous le martèlement des enceintes. Reste le lent balancement de ses colifichets sur le juste galbé de son torse. Image fugace et obstinée d’une nuit à Londres.

Je ne sais rien de lui. Il m’a irradié la mémoire en calant, désinvolte, une main provisoire sur ma hanche ordinaire. Je n’ai pas bien compris ce qu’il m’a demandé. Il recherchait un certain Brian, je crois. Simplement, j’ai baissé la tête et les yeux pour mieux l’entendre. Un instant suspendu. Entre le brun parfait de son téton et le filet de poils noirs qui s’échappait de son nombril…

6 comments 8 novembre 2009

Toc, toc !

NBentete91Sous la couette, un samedi matin. Il a posé sa tête contre mon torse velu. Sa main gauche descend, comme par inadvertance, vers le nombril, vers l’entrejambe, cherche à tâtons l’objet d’une certaine convoitise…

Je grogne quelque chose de mou, entrouvre un œil. Il lève vers moi un regard de cocker triste, un silence en forme d’interrogation.

- On ne t’a pas appris à frapper avant d’entrer ?

Doucement, il martèle du poing aux carreaux du boxer.

- Toc, toc ! Y’a quelqu’un ?!
- Si ça ne répond pas, c’est qu’il n’y a personne…

Il disparaît sous la couette, fait glisser, d’une main ferme, l’élastique sur la peau encore endormie.

- Heu… Tu fais quoi, là ?!
- Je cambriole, mon chéri, je cambriole…

11 comments 31 octobre 2009

Ce garçon qui revient

NBentete98Il y a ce vent chargé d’échos, cette rumeur d’outre-temps qui roule et qui bruisse au creux de mes oreilles. Il y a cette flute envoutée. A l’heure de la sieste, mes langueurs sont orientales. Et mes envies, légères…

Dans l’antichambre du sommeil tinte une cloche, résonnent les pincements du koto. Du ciel et des nuages passent par les imperceptibles fissures du plafond. Je glisse à l’intérieur de moi. Je vais entre des voiles, traverse à pas lents des jardins, des palais abandonnés aux illusions de la lumière.

Il y a ce garçon qui revient. Comme une fleur sur l’eau tranquille de mes divagations. Sa jeunesse est un parfum puissant, son regard, noir et bridé, simplement sur moi se pose. Il ne dit jamais rien. Il ne dit jamais non. En boucle, mon désir effleure la courbe de ses lèvres, le goût bruni de sa peau…

5 comments 25 octobre 2009

La prochaine vague

NBentete60Franchir, d’abord, la matière fine et brûlante. Planter le camp contre le vent qui se lève, entre marée haute et marée basse. Laisser maman sous le grand parasol, lui promettre, en se retournant, de ne pas trop s’éloigner du rivage. Puis gagner les terres humides, le sable frais, les premières ondulations…

Traverser en courant les bâches salées, éclabousser le corps d’un rire froid et nerveux. S’arrêter face à la mer. Hésiter, un peu, au moment d’affronter les éclats de coquillage qui scintillent et menacent à l’intérieur des rouleaux. Se décider, enfin. Entrer dans l’eau chargée d’écume, forcer, sans tarder, jusqu’aux mollets, jusqu’à la taille, jusqu’aux frissons. Progresser encore, en sautillant, les mains appuyées sur la peau verte et mouvante. Guetter la prochaine vague, celle qui fera perdre contact avec le fond sableux. Calculer le moment et, d’un bond, s’élancer dans le liquide, le cou tendu vers l’horizon. Lutter contre la masse qui avance, la sentir passer à travers soi, puissante et souple, puis retomber sur les talons avant qu’elle ne referme, dans un grondement sourd, sa mâchoire d’algues et de mousse…

Rappeler le temps du maillot rouge.

14 comments 23 août 2009

Vapeur(s)

NBentete59Assis au fond de la baignoire il pouvait sentir la chaleur irradier, l’humidité qui fleurissait entre ses jambes. Il tourna sans hésiter le robinet de droite, tendit ses lèvres aux perles étincelantes qui jaillirent, soudain, du pommeau de douche. Un jet froid percuta sa poitrine, éclaboussa les épaules, ricocha contre son cou. Il ferma les yeux, crispa ses doigts autour de la pomme, brisant la puissance du jet entre ses pouces. L’air lui manqua.

Dans la pénombre, un peu de vapeur s’accrochait au luisant des faïences. Il respira mieux. Il laissa l’eau glisser au long de ses boucles, filer doux contre ses joues, déborder de sa bouche, couler entre ses cuisses. Le désir, bientôt, lui tendit la peau.

Quand le dernier filet disparut sous la bonde, il lui sembla que le soir était plus frais…

12 comments 20 août 2009

Je ne dors pas

NBentete44BDe l’autre côté de ma nuit.

Une femme gémit, quelque part, dans les étages. A chacun des assauts de l’homme répondra une plainte.

Les ressorts du matelas se sont tus.
Leur lit repose. Je ne dors pas.

Dans la chambre, flotte un parfum de sulfure…

Il y a ce garçon, allongé, seul, au fond d’un canapé, au milieu de l’écran.
Dans la pénombre, sa peau brune a des reflets luisants.
Il y a sa main qui va, mon désir qui le suit.
Sa bouche entrouverte, ses longs cils, noirs, abaissés.
Son ventre qui se creuse…

Plaisir intense et silencieux

11 comments 1 mai 2009

La lèvre inférieure

NBentete32BDes garçons, il aimait la beauté suspendue.
Leur séduction de papier glacé.
Le clair et l’obscur de leur peau de pixels.

Le trouble, parfois, qu’allumaient en lui le silence d’un regard, l’abandon d’une pause.

L’idée qu’il pouvait, encore, de son désir simplement, en effleurer la lèvre inférieure…

11 comments 7 avril 2009

Rose Martini

NBentete31BLa lampe est allumée, la fenêtre ouverte.
Le soir, doucement, colore les murs de ma chambre…

Rose Martini. Dans Havana la vieille, me perdre si je veux. Les garçons ont la peau brune, le regard fier. Voir sans être vu. Un bar ouvert sur la rue, un piano, une basse. Les pales usées du ventilateur brassent à peine l’air miséreux. Un crooner soupire, les yeux fermés, pour une unique trompette. Ma tête cherche un appui.

La lampe est allumée, la fenêtre ouverte.

La nuit, lentement, s’abime dans le miroir rouillé. Quelque part, une contrebasse vibre encore pour la délicatesse d’une harpe. La mélancolie colle à mon front.

Entre une clarinette et un banjo. Au long de la mer, me remplir de soleil frais, la nuque vague et posée sur la moleskine rouge d’une antique américaine. Me laisser conduire, les idées au vent, le regard perdu dans le ciel nuageux…

La lampe est allumée, la fenêtre ouverte.
Simplement, le sommeil coule en moi.

7 comments 5 avril 2009


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